Guide AIT


Guide sur le mentorat dans l’apprentissage intégré au travail

Bienvenue dans ce guide d’apprentissage intégré au travail (AIT) sur le mentorat. Que vous soyez mentor ou mentore, superviseur ou superviseure ou étudiant ou étudiante (un mentoré ou une mentorée), votre rôle et votre présence sont essentiels pour transformer le stage en riche expérience d’apprentissage. Ce guide fournit un cadre général pour pratiquer le mentorat dans des contextes d’AIT, mais il n’existe pas d’approche unique. Considérez ces notions comme une base sur laquelle vous appuyer. N’hésitez pas à adapter les outils, le langage et les stratégies à votre rôle, au contexte organisationnel et aux dynamiques uniques de votre relation de mentorat. L’AIT amène les étudiants et étudiantes dans des environnements de la vie réelle où les tâches, les relations et le travail de réflexion se mélangent. Puisque les étudiants et étudiantes disposent de peu de temps pour s’orienter, un esprit de mentorat axé sur la curiosité, le soutien fondé sur les forces et l’apprentissage mutuel peut grandement enrichir l’expérience de toutes les personnes concernées.

Ce guide propose des outils pratiques, des principes et des stratégies pour aider les superviseurs et superviseures de stage d’AIT et leurs stagiaires à adopter un esprit de mentorat pour tisser des liens solides, surmonter les difficultés et soutenir le développement au niveau personnel, scolaire et professionnel. Grâce à cette approche de la supervision, les personnes étudiantes acquièrent rapidement de la confiance et des capacités, ce qui leur permet d’avoir un impact considérable tout en réduisant le temps et les efforts investis par les superviseurs et superviseures.

Ce guide a été élaboré conjointement par Mentor Canada, l’Experiential Learning Hub de l’université Queen’s et le réseau Queen’s Learning in Evaluation and Applied Research Networks (QLEARN). Ce projet a été financé en partie par le Programme d’apprentissage intégré au travail innovant du gouvernement du Canada et par l’iHub de ECAIT Canada. Nous vous invitons à aborder ce travail avec une ouverture, une humilité et un engagement envers l’apprentissage mutuel.


Objectifs

  • Comprendre la raison d’être du mentorat et l’état d’esprit qui y est associé.
  • Reconnaître les rôles et les responsabilités des personnes mentores et mentorées.
  • Appliquer les concepts du mentorat à l’apprentissage intégré au travail.
  • Reconnaître et résoudre les défis de mentorat courants.

Le mentorat dans l’apprentissage intégré au travail (AIT)

Les occasions d’AIT – qu’il s’agisse de stages, de programmes coopératifs, de stages cliniques ou professionnels ou de projets communautaires – sont uniques parce qu’elles combinent des responsabilités professionnelles à des objectifs d’apprentissage intentionnels. Dans ces contextes, les personnes superviseures jouent souvent un rôle double et encadrent le travail quotidien et la prise de responsabilité des étudiants et étudiantes, tout en soutenant leur croissance personnelle et professionnelle par des discussions continues, des rétroactions et des réflexions. Dans les environnements d’AIT, les étudiants et étudiantes ont la chance de prendre part à des expériences structurées leur permettant d’essayer de nouvelles tâches, de réfléchir à leurs bons coups et à leurs difficultés, puis de mettre en application leurs apprentissages. Dans ces milieux professionnels ou communautaires de la vie réelle, l’esprit de mentorat peut contribuer à ce que les étudiants et étudiantes tirent de leurs expériences un apprentissage plus profond, ce qui leur donne ainsi davantage d’occasions de relier leur travail à leurs valeurs personnelles, aux contextes sociaux et culturels ainsi qu’à leur identité professionnelle en devenir. En adoptant un esprit de mentorat, les personnes superviseures peuvent fixer leurs attentes dès le début tout en favorisant l’indépendance des étudiants et étudiantes, ce qui les incite à s’investir davantage dans leur rôle, à poser de meilleures questions et à mettre en pratique leurs compétences et leurs connaissances par des moyens uniques et créatifs et finit par générer un plus grand impact pour l’organisation dans un délai plus court.


Pour en savoir plus sur la pédagogie de l’AIT, consultez ces ressources:

Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur.

Indicateurs de qualité pour l’AIT, Centre de ressources d’ECAIT Canada.


Cadre d’enseignement et d’apprentissage en milieu communautaire

L’apprentissage en milieu communautaire est une forme unique d’AIT qui renforce les relations entre les établissements postsecondaires et les communautés locales, régionales, nationales et internationales. Étant donné que la collaboration et le développement de relations réciproques sont des éléments essentiels de l’apprentissage communautaire, les conseils en matière de mentorat que vous retrouverez dans ce guide sont particulièrement pertinents pour ce type d’expérience. Dans le cadre de projets ou de stages, les étudiants et étudiantes collaborent avec des partenaires communautaires pour définir des initiatives, cocréer des objectifs et travailler vers des résultats mutuellement profitables. De façon similaire, le mentorat est fondamentalement une relation d’apprentissage. Peu importe les parties impliquées dans l’expérience de mentorat – des étudiants ou étudiantes, de nouvelles embauches, des dirigeants ou dirigeantes d’entreprise, des bénévoles ou des partenaires de communauté –, le mentorat vise toujours la croissance, le développement des capacités et de l’estime de soi et la connexion. L’intégration de ces concepts issus des théories de l’apprentissage et de la pédagogie renforce le mentorat en faisant de cette croissance un processus réfléchi plutôt que le fruit du hasard. 


La pédagogie communautaire (PC) est fondée sur les principes suivants 
  • Réciprocité – avantages mutuels 
    • Cherchez à connaître la vision du « succès » ou de la « croissance » de toutes les parties concernées, et non seulement la vôtre.  
  • Cocréation et partage du pouvoir – sentiment de responsabilité partagé, développement collaboratif, respect pour le savoir expérientiel et les connaissances locales de toutes les parties concernées (à la fois des personnes étudiantes et des partenaires). 
    • P. ex. voir les perspectives et l’expérience comme des preuves valides. 
    • Considérer les modes de connaissances non occidentaux et non universitaires pour explorer des concepts, apprendre et bâtir des relations.  
    • Nommer et reconnaître explicitement l’engagement et les contributions de toutes les parties concernées (et encourager ces contributions, car elles font partie du processus de mentorat). 
    • P. ex. prise de décision partagée et reconnaissance des résultats formels et informels, en plus de suivre/respecter les directives de la communauté sur le traitement, la sécurité et la dissémination des connaissances. 
  • Développement des relations et du lien de confiance – chercher d’abord et avant tout à arriver à une définition commune de la collaboration, de l’apprentissage et du mentorat. Investir du temps, des soins et de l’attention à l’établissement des liens entre les partenaires ou parties prenantes.
    • Contacts et rencontres sur une base régulière n’ayant pas seulement pour but de l’avancement du travail ou la distribution de tâches.  
    • Faire le suivi des éléments formels et informels et fournir des rétroactions ou un soutien utiles ou poser des questions pour mieux comprendre la perspective et le raisonnement derrière les actions de la personne mentore ou mentorée. 
  • Introspection critique – réflexion continue sur ses propres préjugés, idées préconçues et croyances, surtout relativement au pouvoir et au privilège et à la manière dont cela pourrait influencer la collaboration et les actions des partenaires (d’autant plus lorsque la dynamique mentor-mentoré est présente).
    • P. ex. intégrer au flux de travail des discussions régulières pour réfléchir et favoriser la création de sens.  
    • Penser à des occasions d’explorer la positionnalité tôt dans le processus (selon le degré de confort des co-apprenants et apprenantes). 
  • Approche fondée sur les atouts/avoirs – partir avec l’idée que la personne est forte, capable et résiliente, et se concentrer sur ce qui est déjà présent (tangible ou intangible) plutôt que sur les déficits.
    • Encore là, à la fois pour la personne étudiante/mentorée et la personne partenaire/mentore (ou vice versa). 
    • P. ex. éviter de faire une analyse des lacunes ou de s’attarder aux problèmes en premier, se concentrer sur les objectifs du mentorat et les atouts existants pour soutenir l’atteinte de ces objectifs.  
    • Encadrer le travail et l’apprentissage collaboratifs et développer, approfondir ou amplifier les services, les occasions ou les actions qui existent déjà.  
  • Durabilité – en particulier la durabilité des partenariats ; s’engager et pratiquer le mentorat avec une vision à long terme pour cultiver et maintenir des relations positives, le renforcement des capacités et des résultats de co-apprentissage à court, moyen ET long terme.  
    • Consider the uptake/ use of the learning and mentorship beyond this specific engagemConsidérer l’emploi des principes d’apprentissage et de mentorat en dehors de cette expérience.  

Pour en savoir plus sur l’apprentissage communautaire, consultez les ressources suivantes (en anglais) : 

Cadre d’engagement communautaire de la Queen’s University.

Trousse pour l’apprentissage communautaire d’ECAIT.


Par exemple, le Cadre d’engagement communautaire de la Queen’s Université met l’accent sur la collaboration entre les étudiants et étudiantes, l’université et les partenaires communautaires pour créer des expériences d’apprentissage significatives dans la vie réelle. Grâce à des projets comme QLEARN, les étudiants et étudiantes mettent en pratique des compétences en recherche et en évaluation dans le cadre de partenariats avec des organisations et s’attaquent ainsi à des enjeux sociaux complexes tout en avançant sur les plans scolaire et professionnel. Cette approche combine l’enseignement, la recherche et l’engagement communautaire pour former un processus mutuel de co-apprentissage, ce qui favorise les relations, renforce les capacités et contribue à des changements sociaux positifs. 


Comment utiliser ce guide 

Nous vous recommandons de suivre chaque partie dans l'ordre. Chaque section s'appuie sur la précédente pour vous guider depuis les bases du mentorat jusqu'à sa mise en œuvre concrète, en passant par la gestion des difficultés et les ressources supplémentaires qui vous permettront d'approfondir votre pratique du mentorat.

Partie 1 : Bâtir des bases solides 

Découvrez les principes fondamentaux d'un mentorat efficace, notamment les mentalités, les principes, les rôles et les responsabilités liés au mentorat, ainsi que les différentes approches en la matière.

Partie 2 :Guide de mise en œuvre

Découvrez des stratégies pratiques pour bien démarrer, établir une relation de confiance, fixer des objectifs et soutenir le développement des étudiantes et étudiants tout au long de la relation de mentorat.

Partie 3 : Surmonter les difficultés et maintenir les relations 

Découvrez des stratégies pour faire face aux défis courants du mentorat, maintenir des limites saines, réparer les relations et accompagner les transitions.

Partie 4 : Activités de réflexion et outils pratiques

Accédez à des fiches de travail, des activités de réflexion, des outils et des ressources supplémentaires destinés à accompagner et à approfondir la pratique du mentorat.